par Trevor Hunnicutt, Ariba Shahid et Muhammad Al Gebaly
L'Iran a annoncé samedi avoir refermé le détroit d'Ormuz, au lendemain de sa réouverture temporaire au trafic commercial, en raison de la poursuite du blocus des ports iraniens par la marine américaine, que Téhéran assimile à une violation du cessez-le-feu conclu il y a dix jours par les deux parties.
De son côté, la France déplore la mort d'un de ses soldats au sud-Liban, lors d'une attaque de la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban) qui a également fait trois blessés, dont deux graves, dans les rangs français.
Dans un message posté sur la plate-forme X, le président français a déclaré que tout laissait "à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah", accusation démentie peu de temps après par le groupe paramilitaire chiite basé au Liban, allié de l'Iran.
Plus tôt dans la journée, des sources maritimes avaient dit que des navires marchands avaient reçu un message radio de la marine iranienne annonçant la fermeture du détroit d'Ormuz et l'interdiction de passage pour tous les navires.
Deux navires battant pavillon indien et transportant du pétrole brut ont de leur côté été attaqués alors qu'ils tentaient de traverser le détroit d'Ormuz, a ensuite déclaré le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.
Le Conseil suprême de sécurité nationale iranien a pour sa part dit que le pays était résolu à contrôler le trafic passant par le détroit d'Ormuz jusqu'à la fin définitive de la guerre et la conclusion d'une paix durable dans la région.
Le président américain a réagi en disant que l'Iran ne pouvait pas faire chanter les Etats-Unis avec ses actions dans le détroit d'Ormuz, tout en assurant dans le même temps avoir de "très bonnes conversations" avec Téhéran.
RETOUR DE L'INCERTITUDE AUTOUR DE L'ISSUE DU CONFLIT
Selon la télévision d'Etat iranienne, le Conseil suprême de sécurité nationale du pays a déclaré que les États-Unis avaient présenté de nouvelles propositions à l'issue de pourparlers menés sous la médiation du Pakistan ces derniers jours.
Téhéran examine ces proposition mais n'a pas apporté de réponse, a ajouté la télévision.
Le retour à un discours ferme des autorités iraniennes a ravivé l'incertitude autour du conflit avec l'Iran, augmentant le risque de voir livraisons de pétrole et de gaz via le détroit d'Ormuz - par lequel transite un cinquième du transport mondial de pétrole et de gaz en temps normal - rester perturbées, alors même que Washington évalue s'il convient de prolonger le fragile cessez-le-feu.
Avant la nouvelle crispation de la situation, des systèmes de suivi maritime avaient montré un convoi de huit pétroliers transitant par le détroit, dans ce qui constituait le premier mouvement important de navires depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l'Iran il y a sept semaines.
Avant cela, Donald Trump avait parlé de "très bonnes nouvelles" concernant l'Iran, sans donner plus de détails. Mais il avait également déclaré que les combats pourraient reprendre sans accord de paix d'ici mercredi, date à laquelle le cessez-le-feu de deux semaines expire.
Samedi matin, rien n'indiquait que des préparatifs étaient en cours pour des pourparlers dans la capitale pakistanaise Islamabad, où des négociations de haut niveau entre les États-Unis et l'Iran, les plus importantes depuis la révolution islamique de 1979, s'étaient soldées par un échec le week-end dernier.
Déclenchée le 28 février par les Etats-Unis et Israël, la guerre contre l'Iran - ainsi que l'extension du conflit au Liban - ont provoqué la mort de milliers de personnes dans la région, tout en faisant flamber les prix du pétrole en raison de la fermeture de facto du détroit d'Ormuz.
Les cours du pétrole CLc1 LCOc1 ont chuté d'environ 10% vendredi - et les marchés boursiers mondiaux se sont envolés - à la perspective d(une reprise du trafic maritime dans le détroit.
Des centaines de navires et environ 20.000 marins restent bloqués dans le Golfe, dans l'attente de pouvoir traverser le détroit, ont indiqué des sources du secteur maritime.
(Bureaux Reuters, version française Benoit Van Overstraeten)

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